Recette de far breton traditionnel aux pruneaux comme dans en Bretagne

Far Breton du Finistère

Le far breton, c’est ce dessert qui raconte la Bretagne dans toute sa simplicité. Un goût d’enfance, de vacances à Quiberon ou à Concarneau, où l’on s’attable après une balade sur les remparts. Cette pâtisserie à mi-chemin entre le flan et le clafoutis se déguste fraîche, avec ses pruneaux fondants et sa texture incomparable. Un vrai goûter breton qui traverse les générations sans prendre une ride.

Qu’est-ce que le far breton ?

Le far breton est un dessert traditionnel de Bretagne qui tient son nom du mot breton « farz », signifiant bouillie ou farce. À l’origine, ce gâteau rustique était préparé sans pruneaux, simplement avec de la farine, du lait, des œufs et du sucre. C’était le dessert du dimanche, celui que les familles bretonnes préparaient dans leurs grands plats en terre cuite.

Aujourd’hui, la version aux pruneaux s’est imposée comme la référence. Sa texture ? Unique. Plus dense qu’un clafoutis, plus moelleux qu’un flan, le far breton possède ce côté fondant et légèrement caramélisé qui fait toute sa richesse. Les pruneaux apportent cette touche fruitée et ce moelleux inimitable.

Ce dessert breton se distingue par sa simplicité : pas de levure, pas de blanc d’œuf monté en neige. Juste une pâte fluide versée dans un plat beurré et cuite lentement au four. Le résultat ? Une croûte dorée en surface et un cœur tendre à souhait.

Ingrédients

Pour 6 à 8 personnes :

  • 1 litre de lait entier (la base crémeuse du far)
  • 250 g de farine de blé
  • 200 g de sucre
  • 5 œufs entiers
  • 50 g de beurre demi-sel (+ un peu pour le plat)
  • 1 sachet de sucre vanillé ou quelques gouttes d’extrait de vanille
  • 1 pincée de sel
  • 200 g de pruneaux dénoyautés (facultatifs mais traditionnels)
  • 2 cl de rhum ambré (optionnel)

Notes sur les ingrédients : Privilégiez du lait entier pour une texture onctueuse et du beurre demi-sel breton pour l’authenticité. Les pruneaux d’Agen sont idéaux car bien moelleux. Si vous n’en trouvez pas, des raisins secs feront l’affaire.

IngrédientQuantitéRôle
Lait entier1 litreBase liquide crémeuse
Farine250 gStructure du gâteau
Sucre200 gDouceur équilibrée
Œufs5 entiersLiant et moelleux
Pruneaux200 gTexture fondante

Préparation du far breton

Macération des pruneaux

Première étape cruciale : faites tremper les pruneaux dans de l’eau chaude pendant 1 heure minimum. Vous pouvez remplacer l’eau par du thé noir ou du rhum ambré pour plus de caractère. Cette macération permet aux pruneaux de s’attendrir et de libérer leurs arômes. Pendant ce temps, préchauffez votre four à 200°C.

La pâte à far

Dans un grand saladier, mélangez la farine, le sucre, le sucre vanillé et la pincée de sel. Formez un puits au centre et cassez les 5 œufs dedans. Fouettez énergiquement jusqu’à obtenir une pâte épaisse et homogène. Pas de grumeaux, c’est le secret d’une texture parfaite !

Faites tiédir le lait (pas bouillant, juste tiède). Versez-le progressivement dans la préparation tout en fouettant. La pâte doit devenir fluide comme une pâte à crêpe, lisse et sans aucun grumeau. Ajoutez le beurre fondu et mélangez une dernière fois.

Cuisson en deux temps

Beurrez généreusement un grand plat en céramique ou en terre cuite (environ 30-35 cm). Le beurre doit bien napper le fond et les bords. Voici la technique bretonne : versez une fine couche de pâte dans le plat et enfournez 5 minutes pour la figer. Cette astuce évite que les pruneaux ne tombent au fond !

Sortez le plat, répartissez les pruneaux égouttés sur cette première couche, puis versez le reste de la préparation. Enfournez à nouveau : 10 minutes à 200°C, puis baissez à 180°C et poursuivez 30 à 40 minutes. Le far doit être bien doré sur le dessus et légèrement tremblotant au centre quand vous secouez doucement le plat.

Les secrets d’un far breton réussi

La réussite du far breton tient à quelques détails. Premier point : ne le dégustez jamais tiède ! Le far se mange toujours à température ambiante, voire frais. C’est à ce moment que sa texture devient parfaite, ni trop liquide ni trop compacte.

Deuxième astuce : la patience lors de la cuisson. Si vous avez un doute, plantez la lame d’un couteau au centre. Elle doit ressortir presque sèche. Un far trop cuit devient caoutchouteux, pas assez cuit il reste liquide. L’équilibre se trouve dans cette zone dorée entre 35 et 40 minutes à 180°C.

Erreur fréquente : ouvrir le four trop souvent pendant la cuisson. La température baisse et le far ne prend pas correctement. Attendez au moins 25 minutes avant de jeter un œil !

Conservation : Le far breton se garde 3 jours au réfrigérateur, bien couvert. Certains vous diront même qu’il est meilleur le lendemain, une fois que les saveurs ont eu le temps de se développer.

Comment servir ce dessert breton

Le far breton se déguste nature, découpé en parts généreuses. À température ambiante, il révèle toute sa saveur : ce côté légèrement vanillé, la douceur des pruneaux, cette texture unique entre flan et gâteau.

Pour le goûter, accompagnez-le d’un thé noir fumé ou d’un café bien serré. Certains Bretons l’aiment avec un filet de crème fraîche épaisse ou une boule de glace vanille. Si vous cherchez à retrouver tous ces goûters d’enfance et spécialités bretonnes qui réveillent nos souvenirs de vacances, ce far est un incontournable.

Moment idéal ? Le dimanche après-midi, en famille, quand le temps se suspend autour d’une belle tablée.

Variantes du far breton

La version traditionnelle reste indémodable, mais quelques variantes existent. Vous pouvez parfumer votre pâte avec 2 cl de rhum ambré pour une touche plus corsée. Les raisins secs remplacent parfaitement les pruneaux si vous préférez un goût moins prononcé.

Certaines recettes ajoutent une pointe de fleur d’oranger ou de zeste de citron. D’autres préparent un far nature, sans aucun fruit, comme on le faisait autrefois dans les fermes bretonnes. Si vous aimez les desserts bretons authentiques, testez aussi le kouign amann breton ou le quatre-quart breton traditionnel, deux autres piliers de la pâtisserie bretonne.

Ce qu’il faut retenir

Le far breton, c’est la Bretagne dans un plat : simple, généreux, authentique. Une recette qui ne triche pas, avec des ingrédients de base et une technique accessible. Le secret ? Du temps, de la patience, et surtout ne pas le déguster trop vite. Laissez-le refroidir complètement, et vous découvrirez pourquoi ce dessert traverse les décennies sans perdre de son charme.